A ma Cocotte-Minute préférée
Les médisants diront que je me moque de toi,
Que « Cocotte-Minute » n'est pas un compliment,
D'ailleurs ce n'en est pas un, je le conçois,
Mais cette comparaison te va comme un gant :
Car tu ressembles à cette cocotte, dans le sens
Où tu parais toujours zen malgré ta colère,
Ta tristesse et tous ces sentiments intenses
Que tu retiens cloîtrés derrière ton calme hors pair.
Mais moi je sais, et pas que moi d'ailleurs,
Que la pression, un jour, deviendra trop forte,
Comme ça arrive parfois dans tes moments de malheurs,
Refusant que tes amis te réconfortent.
Car on la voit bien, nous, cette vapeur brûlante
Qui sort de tes oreilles lors des jours difficiles,
Ces moments douloureux où je me sens impuissante,
Où nos c½urs se contractent de te voir si fragile.
Pourquoi n'ouvres-tu pas ton c½ur meurtri,
A ceux et celles que ton épaule soutiens
contre tous les maux et toutes les souffrances,
Qui, avant d'être les leurs, ont toujours été tiens ?
Je ne connais rien de ton obscur passé
Qui te pousse, je suppose, à élever cette barrière,
Si un jour une personne t'a peinée ou blessée,
Qui te laisse au c½ur une déchirure amère.
Tu es toujours là pour panser nos plaies,
Pour nous faire rire au milieu des larmes,
Par quel miracle, il n'y a que toi qui le sais,
Quand, pour notre bonheur, tu exerces ton charme.
Toi qui m'as si souvent prise dans tes bras,
Qui me parle de grenouille et de marsupilami,
Quand mon moral instable se trouve au plus bas,
Généreuse et sincère comme c'est pas permis ;
J'aimerai tellement être aussi utile pour toi ;
Pouvoir t'entourer de tendresse et te consoler,
Te laisser te vider et prendre tout sur moi,
Pour absorber tes malheurs et t'en protéger.
L'acier de ta cocotte a beau être solide,
Il y a toujours une faiblesse au niveau des jointures,
Et ce qu'elle renferme est infiniment fragile,
Car c'est ce qui fait que tu es si précieuse et pure...
Alors je t'en prie, laisse-nous prendre soin de toi,
Veiller sur ce si merveilleux trésor, en effet
Rien au monde ne m'apporterait autant de joie
Que de pouvoir aider l'amie en or que tu es.
Poyo
Octobre 2004